Château de Tennessus – ISMH
Amailloux (79)

L’enjeu du projet
Le château de Tennessus – ISMH – est une importante forteresse médiévale des Deux-Sèvres, aujourd’hui propriété privée et ouverte au public dans le cadre d’une activité de maison et chambre d’hôtes. Si les restaurations successives permettent une lecture cohérente de l’architecture castrale, deux désordres majeurs menaçaient la pérennité de l’édifice. Le premier concernait l’effondrement d’un mur de clôture bordant les douves et protégeant le jardin installé sur l’îlot du château. Le second portait sur les importantes déformations de la charpente du donjon formant un chemin de ronde aménagé à son sommet lors d’une restauration d’une vingtaine d’années, provoquant des infiltrations d’eau récurrentes dans les niveaux supérieurs. L’enjeu consistait à préserver ces ouvrages sans remettre en cause les restaurations existantes.
L’intervention vise à préserver l’édifice et à traiter les désordres affectant le mur de clôture et la charpente du donjon.
La réponseR&C
L’agence R&C a réalisé un diagnostic global des maçonneries périphériques et une analyse structurelle de la charpente du donjon afin d’identifier les causes des désordres et de proposer des interventions ciblées. Plutôt qu’une reconstruction complète, le projet a privilégié un confortement de la structure existante. La charpente a été consolidée par l’ajout de pièces de bois destinées à réduire les portées, tandis que les assemblages ont été renforcés afin de stopper les déformations responsables des modifications de pente et des infiltrations. Cette intervention a été complétée par la reprise de l’isolation, la correction des relevés d’étanchéité et la réparation des enduits fissurés des têtes de murs. Pour les murs de clôture, l’étude a d’abord porté sur la maîtrise des eaux de ruissellement avant de définir les solutions de stabilisation adaptées.
Les choixarchitecturaux
Les choix architecturaux ont privilégié des interventions de consolidation respectueuses des ouvrages existants et de leur histoire. La structure du chemin de ronde a été renforcée sans modifier son principe constructif, permettant de conserver la restauration antérieure tout en retrouvant une parfaite étanchéité. Les maçonneries sommitales ont été reprises afin d’éliminer les infiltrations et de protéger durablement le donjon. Sur le mur des douves, la restauration s’est appuyée sur une amélioration de la gestion des eaux et sur la mise en œuvre de barbacanes destinées à équilibrer les pressions exercées par les terres et l’humidité permanente des douves. Cette étude confirme l’importance d’associer la compréhension du fonctionnement hydraulique aux techniques de consolidation des maçonneries anciennes pour garantir la conservation durable des fortifications.

