Maison à pan de bois
Thouars (79)

L’enjeu du projet
Implantée rue du Château à Thouars, cette maison à pan de bois s’inscrit dans un ancien lotissement médiéval composé de parcelles étroites, organisées entre le château et la place Saint-Médard. Cette trame urbaine favorisait des constructions en hauteur associant habitat et activité commerciale. Fortement transformé au fil du temps, le rez-de-chaussée de l’édifice avait perdu sa composition originelle, tandis que les bois des étages étaient recouverts de ciment et présentaient d’importantes déformations. L’enjeu consistait à retrouver la logique constructive et commerciale de cette ancienne échoppe, à restaurer la lisibilité du pan de bois et à adapter sa façade aux contraintes d’usage et d’éclairement d’une rue particulièrement étroite.
R&C a révélé cette maison à pan de bois dans son quartier médiéval de Thouars.

La réponseR&C
Les déposes réalisées au rez-de-chaussée ont révélé plusieurs indices archéologiques permettant de comprendre l’organisation ancienne de l’échoppe. Des mortaises présentes sur les poteaux latéraux témoignaient de l’existence de deux volets commerciaux, tandis que des percements circulaires indiquaient probablement la présence d’une grille au-dessus d’une entrée centrale. À l’intérieur, deux cheminées du XVIᵉ siècle étaient encore conservées dans les étages sans les encorbellements de hotte. Au Rez-de-chaussée une pierre en encorbellement signalait l’emplacement possible d’un foyer pour l’échoppe. Faute d’éléments suffisants, l’agence n’a pas retenu une restitution littérale de l’échoppe, mais une recomposition contemporaine fondée sur les traces historiques observées.

Les choixarchitecturaux
Le rez-de-chaussée a été recomposé par de larges baies structurées par des meneaux et traverses, afin d’évoquer l’ancienne organisation de l’échoppe tout en apportant davantage de lumière à l’intérieur du rez-de-chaussée. Aux étages, les empreintes conservées dans les bois ont permis de restituer les traverses et les meneaux disparus. Le nettoyage complet de la façade a rendu de nouveau lisible la structure médiévale, complétée par un rejointoiement à l’enduit à la chaux Saint-Astier. Les bois ont été nourris puis remis en peinture avec une « Malouinière » afin de restituer la richesse chromatique caractéristique de l’architecture médiévale. Une dernière phase prévoit la pose de vitraux dans chacune des ouvertures, achevant ainsi la restauration de la façade.

