Église de Bouillé-Loretz
Bouillé-Loretz – commune de Loretz-d’Argenton (79)

L’enjeu du projet
À la suite de l’incendie de 2016, l’église de Bouillé-Loretz présentait des désordres bien au-delà des seules conséquences du sinistre. Les premières opérations de nettoyage, menées dans l’urgence, avaient fragilisé certains sols et introduit une humidité importante dans l’édifice. L’enjeu consistait à distinguer précisément les dommages imputables à l’incendie de ceux résultant des interventions postérieures afin de définir les responsabilités et d’organiser les travaux. Il fallait également préserver un patrimoine d’une grande richesse historique et artistique, tout en maintenant la vocation première de cette église : un lieu de culte vivant, au cœur d’une communauté toujours très active.
L’intervention vise à préserver le patrimoine existant tout en permettant à l’église de conserver pleinement sa vocation de lieu de culte.

La réponseR&C
R&C a réalisé un diagnostic complet de l’édifice, servant de base aux échanges avec les assurances et à la définition d’un programme de restauration cohérent. L’agence a accompagné le maître d’ouvrage dans le phasage des interventions afin que les restaurations intérieures soient durablement protégées par la réfection préalable des enveloppes extérieures. Le chantier a également permis de révéler des éléments patrimoniaux majeurs : vestiges de peintures murales du XVᵉ siècle, traces d’un décor dans la voûte du baptistère, une litre funéraire et des blasons. Ce travail s’est construit en étroite collaboration avec les restaurateurs, les entreprises spécialisées et le prêtre de la paroisse, dont la connaissance des usages liturgiques a enrichi les choix de restauration.

Les choixarchitecturaux
Le parti architectural a consisté à restituer l’unité de l’édifice avec la plus grande discrétion, en donnant le sentiment que les interventions avaient toujours fait partie de l’histoire de l’église. La reconstruction intégrale de la voûte du chœur, profondément altérée par des températures comprises entre 700 et 900 °C, constitue l’une des opérations les plus remarquables du chantier. La restauration des retables polychromes, des décors peints et des éléments sculptés a été guidée par les découvertes réalisées au cours des travaux, notamment celle d’un faux appareil ocre rosé rehaussé de fins filets blancs, devenu le fil conducteur de l’ensemble. Ce choix met en valeur la lecture architecturale des maçonneries et redonne toute sa cohérence à ce patrimoine vivant, dont la transmission reste intimement liée à son usage quotidien et pour la plus grande gloire de Dieu.

