Une maison confortable consommant très peu d’énergie ne commence pas par le choix d’une chaudière ou d’une pompe à chaleur. Elle commence par un plan.

Avant les équipements viennent l’orientation du bâtiment, ses ouvertures, sa forme, son isolation, son inertie et sa relation avec son environnement. C’est le principe de la conception bioclimatique : profiter du climat lorsque celui-ci nous est favorable et s’en protéger lorsqu’il devient contraignant.

La réglementation RE2020 s’inscrit elle-même dans cette logique. Son indicateur Bbio mesure la capacité de la conception du bâtiment à limiter passivement les besoins de chauffage, de refroidissement et d’éclairage, indépendamment des équipements énergétiques installés.  Une maison bioclimatique ne se chauffe donc évidemment pas toute seule au sens littéral. Mais une conception particulièrement performante peut réduire considérablement ses besoins.

1. Orienter la maison avant de dessiner ses façades

Un projet bioclimatique commence par la lecture du terrain. Où se trouve le sud ? Quels sont les vents dominants ? Où apparaissent les masques solaires ? Quelle végétation existe déjà ? Où sont les vues intéressantes ? Quelles sont les zones exposées aux surchauffes ?

L’orientation des pièces et des baies peut ensuite être déterminée en conséquence. En hiver, une ouverture judicieusement positionnée permet de bénéficier d’apports solaires gratuits. En été, cette même ouverture doit pouvoir être protégée.

La RE2020 identifie explicitement l’orientation et la disposition des baies comme des leviers permettant de diminuer le besoin bioclimatique du bâtiment.  L’orientation n’est donc pas une conséquence du dessin architectural : elle devrait en être l’un des points de départ.

2. Capter le soleil en hiver… et l’arrêter en été

Une maison très vitrée au sud n’est pas automatiquement une maison bioclimatique. Sans protection solaire, les surfaces vitrées qui apportent gratuitement de la chaleur en hiver peuvent provoquer de fortes surchauffes en été. Débords de toiture, brise-soleil, pergolas, stores extérieurs, volets ou végétation caduque permettent de contrôler ces apports.

Le soleil d’hiver étant plus bas sur l’horizon que le soleil d’été, une protection correctement dimensionnée peut laisser pénétrer le rayonnement lorsque la maison en a besoin et le bloquer pendant les périodes chaudes. Le confort d’été fait d’ailleurs partie des trois objectifs fondamentaux de la RE2020, aux côtés de la sobriété énergétique et de la réduction de l’impact carbone. 

3. Construire une enveloppe continue et performante

La chaleur que l’on réussit à capter ne sert à rien si elle s’échappe immédiatement. La qualité de l’enveloppe est donc fondamentale : isolation des murs selon l’inertie des masses, toiture et plancher, performances des menuiseries, continuité de l’isolation et traitement des ponts thermiques.

L’ADEME rappelle que les ponts thermiques apparaissent notamment aux jonctions entre murs, toiture, planchers et fenêtres et insiste sur la continuité de l’isolation et de l’étanchéité à l’air.  La forme générale du bâtiment intervient également. À surface habitable équivalente, une construction inutilement découpée multiplie les surfaces d’enveloppe exposées à l’extérieur. La compacité est ainsi l’un des paramètres pris en compte dans une conception bioclimatique performante. 

4. Utiliser l’inertie pour stabiliser la température

Tous les matériaux ne réagissent pas de la même manière à la chaleur. Des matériaux possédant une certaine masse peuvent absorber une partie de l’énergie thermique et la restituer plus tard. Ce phénomène d’inertie permet notamment de limiter les variations rapides de température. Bien utilisée, cette propriété aide à conserver la chaleur en période froide et participe au confort d’été, particulièrement lorsqu’elle est associée à une ventilation nocturne efficace. L’ADEME cite précisément l’inertie parmi les paramètres à prendre en compte pour améliorer le confort d’été d’une maison neuve. 

Le choix des matériaux n’est donc pas simplement esthétique. Il peut participer directement au fonctionnement climatique de la maison.

5. Ventiler intelligemment plutôt que climatiser systématiquement

La dernière étape consiste à maîtriser l’air. Une maison très performante doit être suffisamment étanche pour supprimer les infiltrations parasites, mais elle doit en même temps bénéficier d’un renouvellement d’air maîtrisé.

Ces deux notions ne sont pas contradictoires. L’ADEME rappelle qu’isolation, étanchéité à l’air et ventilation doivent fonctionner ensemble. Une mauvaise étanchéité augmente les pertes énergétiques tandis qu’une ventilation insuffisante peut entraîner des problèmes d’humidité et de qualité de l’air.  En période estivale, la possibilité de créer une ventilation naturelle nocturne peut également permettre d’évacuer une partie de la chaleur accumulée pendant la journée.

La meilleure énergie reste celle dont la maison n’a pas besoin

Une fois ces cinq principes travaillés, vient seulement la question des équipements : chauffage, production d’eau chaude, ventilation mécanique, production d’énergie renouvelable. Ce changement d’ordre est essentiel.

Dans une conception classique, on construit parfois le bâtiment puis on cherche la machine capable de corriger ses défauts. Dans une construction de maison bioclimatique, nous cherchons d’abord à réduire les besoins. L’équipement énergétique vient ensuite répondre au besoin résiduel.

C’est exactement la logique portée par le Bbio de la RE2020 : évaluer les qualités intrinsèques du bâtiment indépendamment des systèmes énergétiques. 

Une maison bioclimatique n’est donc pas une maison remplie de technologies. C’est avant tout une architecture qui a appris à travailler avec son environnement plutôt que contre lui.

FAQ

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Comment se déroule un premier échange ?

Nous commençons par une phase d’écoute approfondie : comprendre le lieu, vos usages, vos contraintes et vos ambitions avant toute proposition.

Quelle est la durée moyenne d'un projet ?

La durée varie selon l’ampleur et la complexité du projet. Nous établissons un calendrier détaillé dès la phase de conception.

Intervenez-vous sur des bâtiments protégés ?

Oui, nous accompagnons régulièrement des projets patrimoniaux en lien avec les services instructeurs et les contraintes réglementaires.

Qui compose l'équipe projet ?

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Oui, nous assurons la coordination du chantier et le suivi des partenaires jusqu’à la livraison du projet.